En 2021, lorsque je travaillais dans un établissement d’enseignement à Hong Kong, je souhaitais améliorer mes compétences pédagogiques. Cependant, le PGDE exigeait une année d’études à temps plein, les frais de scolarité étaient trop élevés et le diplôme n’était valable qu’à Hong Kong. Comme j’envisageais déjà de partir à l’étranger, je voulais obtenir un diplôme ou un certificat qui me permettrait également d’enseigner dans d’autres pays.
J’ai ensuite découvert la certification d’enseignant de l’IB. Comme je prévoyais alors d’aller étudier au Canada, j’ai tout naturellement choisi la formation en ligne menant au certificat IB PYP (Programme primaire) de l’Université de Windsor, au Canada. Elle durait un an et deux mois et comprenait cinq cours au total, avec la possibilité d’en suivre deux simultanément. Le coût total s’élevait à environ 20 000 dollars de Hong Kong.
La plupart du temps, j’organisais moi-même mon emploi du temps en fonction des devoirs donnés par les enseignants. Une seule fois, à cause du décalage horaire, j’ai dû faire une présentation en pleine nuit.
J’ai oublié le contenu précis des cours, mais ils ont profondément transformé ma façon de penser. C’était comme si j’avais moi-même fréquenté une école internationale et reçu une nouvelle éducation. Ce qui m’a le plus bouleversée au cours de cette formation, ce sont les objectifs de développement des apprenants de l’IB présentés dans le premier cours, car ils étaient très différents de l’éducation et de la culture dans lesquelles j’avais grandi.
Le premier objectif est de devenir un « risk-taker » (une personne qui ose prendre des risques) : relever les défis et accueillir le changement, tout en ayant anticipé la situation et en s’y étant bien préparé, et accepter un avenir incertain.
Le deuxième concept que j’ai appris est celui de « communicator » (une personne capable de communiquer en plusieurs langues) : il faut savoir s’exprimer avec assurance dans plus d’une langue, car cela nous aide à mieux comprendre les groupes issus de différents contextes culturels, au lieu de nous limiter à une opposition entre « nous » et « eux » au sein d’un cadre culturel unique.
Le troisième concept est celui d’« open-minded » (l’ouverture d’esprit) : respecter de manière égale sa propre histoire et sa propre culture ainsi que celles des autres, évaluer autant que possible les différents points de vue sans préjugés et être disposé à grandir grâce aux échanges avec autrui.
À mes yeux, ce sont ces trois aspects qui différaient le plus de l’environnement éducatif dans lequel j’avais grandi. En effet, mon milieu culturel encourageait la recherche de la stabilité plutôt que l’acceptation de l’incertitude — ce qui se manifestait principalement par la volonté de passer les concours de la fonction publique ou d’intégrer le secteur public —, reposait sur une langue et une culture uniques, principalement le chinois, et plaçait sa propre culture au centre au lieu de respecter la diversité culturelle et d’accepter les différences d’autrui.
Par ailleurs, l’enseignante du premier cours de l’IB avait enregistré une vidéo pour se présenter. Lorsque j’ai vu qu’elle était couverte de tatouages du cou jusqu’aux bras, j’ai été très surprise, tout en trouvant cela plutôt cool. Cela devait aussi constituer une forme de « choc culturel » (« culture shock »).
