De Chengdu à Hong Kong, puis en France, j’ai compris que « s’intégrer à la société dominante » avait toujours été une fausse question.
À Hong Kong, je ne me suis jamais complètement intégré. J’ai toujours été un marginal libre et heureux. J’avais peu d’amis locaux et davantage d’amis qui, comme moi, venaient d’horizons culturels différents, mais cela ne m’empêchait pas de profiter du monde.
Après mon arrivée en France, la langue, la culture, l’alimentation, l’origine ethnique et d’autres facteurs m’ont fait comprendre que « s’intégrer » à la société dominante était une entreprise au rapport entre efforts et résultats extrêmement faible, voire presque impossible. Du moins pour quelqu’un comme moi, arrivé à l’âge adulte.
D’après mon expérience de la vie à Hong Kong, plutôt que de se donner tant de mal pour s’intégrer à la société dominante, mieux vaut se construire un petit univers confortable qui nous appartient. Pour prendre une image, nous qui vivons loin de chez nous et de la culture dans laquelle nous avons grandi sommes comme de frêles embarcations, souvent ballottées au gré du vent. Mais avec les quelques points d’ancrage essentiels suivants, nous pouvons malgré tout trouver le bonheur.
Un travail qui procure un sentiment d’utilité et d’accomplissement : être reconnu dans son travail permet de sentir que les efforts fournis chaque jour ont du sens et de la valeur.
Une situation financière stable : être indépendant et libre financièrement aide à mener la vie que l’on souhaite.
Un partenaire avec qui s’épanouir mutuellement : pour ceux d’entre nous qui partent à la conquête du monde, il est très important d’avoir quelqu’un à ses côtés et une base arrière stable.
Quelques bons amis : avoir des amis avec qui l’on est sur la même longueur d’onde, en particulier des personnes qui vivent une situation semblable à la nôtre, d’anciens camarades de classe, etc., permet de mieux se comprendre mutuellement. On garde contact et l’on se retrouve de temps en temps autour d’un repas ou d’un verre. Il faut bien l’admettre : sur ce point, les amis locaux ne peuvent vraiment pas comprendre ce que nous ressentons.
Une fois ce petit univers construit, on peut consacrer le temps et l’énergie qui restent à explorer la vie et à en profiter : voyager, cultiver ses passions, s’améliorer, etc. Je souhaite à chacun une vie libre, heureuse et épanouie.
Et vous, que pensez-vous de l’« intégration » ?
