Depuis mon enfance, je ne savais pas nager. Je n’ai commencé à apprendre qu’à l’âge de 28 ans. Comme mes cours avaient toujours lieu dans un bassin d’entraînement profond de 1,40 mètre et que, lorsque je vivais à Hong Kong, la piscine près de chez moi était peu profonde aux deux extrémités mais profonde au milieu, je ressentais encore un peu de panique chaque fois que j’arrivais au centre. Pendant toutes ces années, je n’ai donc jamais osé nager dans un bassin profond.

Récemment, je suis allée à la piscine près de chez moi et j’ai constaté qu’il n’y avait qu’un bassin d’entraînement profond de 1,20 mètre et un bassin profond de 2 mètres. Le bassin d’entraînement était essentiellement occupé par des enfants et, lorsqu’il y avait beaucoup de monde, il était tout simplement impossible d’y nager. J’ai donc pris mon courage à deux mains et décidé d’essayer le bassin profond.

Avant de me lancer, j’ai consulté quelques recommandations de sécurité, sondé la profondeur de l’eau près du bord, puis essayé de faire du surplace à plusieurs reprises. Ensuite, j’ai commencé à nager le long du bord. Lorsque j’ai parcouru les 25 mètres d’une seule traite, je me suis agrippée au rebord du bassin et, les yeux fixés sur l’inscription « 2 mètres », je me suis mise à sourire bêtement. Cette joie, c’était celle d’avoir enfin réussi à me dépasser, à me maîtriser et à découvrir mon propre potentiel.

Quatre ans après avoir appris à nager, j’ai enfin surmonté ma peur des bassins profonds. Autrefois, je pensais qu’il était très facile d’y couler, mais la réalité est exactement inverse : la poussée de l’eau y est au contraire plus forte, si bien qu’on coule moins facilement et qu’il suffit de faire légèrement du surplace pour remonter à la surface.

Plus tard, je me suis dit qu’il en allait souvent de même dans la vie. Nous imaginons fréquemment que de petites difficultés sont insurmontables, nous repassons des milliers de fois leurs conséquences dans notre esprit pour nous effrayer nous-mêmes et finissons par nous enfermer dans une prison que nous avons nous-mêmes tracée. « Affronter les difficultés » est facile à dire, mais lorsque nous nous trouvons face à elles, notre instinct nous pousse encore à rester dans notre zone de confort.

C’est alors que j’ai compris pourquoi, à l’époque où je préparais ma certification d’enseignante de l’IB, être un risk-taker (« audacieux ») figurait parmi les qualités que l’IB cherche à développer. En effet, l’audace va à l’encontre de l’instinct humain et doit s’acquérir par l’entraînement. Alors, la prochaine fois que je rencontrerai une difficulté, je me pousserai à avancer et m’encouragerai à essayer, à échouer, puis à grandir.

Puissions-nous tous être un peu plus courageux qu’hier, car les personnes courageuses peuvent profiter d’un monde plus vaste.