Les prix sont vraiment bas : le mĂȘme flat white coĂ»te gĂ©nĂ©ralement 5 euros Ă  Paris, contre seulement 3 euros Ă  Cracovie.

La place ressemble à celles de nombreuses villes européennes. Des calÚches circulent dans les rues alentour, qui sont par ailleurs trÚs propres, ce qui rappelle beaucoup Vienne.

Les bars Ă  lait, mĂȘme s’ils ne servent pas de lait, sont trĂšs typiques. Ce sont les cantines des Polonais, un peu comme les cha chaan teng de Hong Kong. Quand il y a beaucoup de monde, il faut parfois partager sa table et dĂ©barrasser soi-mĂȘme ses couverts. J’y ai mangĂ© pour la premiĂšre fois de ma vie des raviolis sucrĂ©s : des raviolis aux pommes. Mais j’ai du mal Ă  m’habituer Ă  la cuisine polonaise.

Certaines petites boutiques intĂ©ressantes se trouvent au fond de ruelles trĂšs reculĂ©es. Pensez Ă  consulter leurs avis sur Google avant d’y aller.

La Pologne a connu un destin particuliĂšrement tragique pendant la Seconde Guerre mondiale, car la population juive y Ă©tait trĂšs nombreuse. Auschwitz et plusieurs autres camps se trouvent autour de cette ville. L’usine de Schindler — oui, celle du film La Liste de Schindler — est Ă©galement situĂ©e prĂšs du centre-ville. Pour ces deux sites, pensez Ă  rĂ©server vos billets environ un mois Ă  l’avance.

En Pologne, les musĂ©es sont gĂ©nĂ©ralement gratuits le mardi. Pour celui que j’ai visitĂ©, qui abrite une Ɠuvre authentique de LĂ©onard de Vinci, il faut retirer un billet sur place, puis on peut choisir librement son heure d’entrĂ©e. La pharmacie de l’Aigle, qui a elle aussi aidĂ© de nombreux Juifs Ă  l’époque, est gratuite le mercredi. Il faut retirer un billet dans le bureau voisin avant d’entrer.

La pharmacie est toute petite, mais elle contient une quantitĂ© considĂ©rable d’informations. Dans chaque armoire se trouve un livret entier ou un album photo relatant les expĂ©riences rĂ©elles de Juifs pendant la pĂ©riode du ghetto. Avant d’ĂȘtre envoyĂ©s dans les camps, ils Ă©taient confinĂ©s dans le sud de la ville. Il subsiste aujourd’hui des vestiges du mur du ghetto, particuliĂšrement haut et dont la forme rappelle des pierres tombales. Il fallait un laissez-passer pour entrer et sortir, et seules les personnes capables de travailler pouvaient le faire. Tout le monde devait porter un brassard arborant un symbole juif. Comme la population ne cessait d’augmenter, de nombreuses familles ont fini par s’entasser dans un mĂȘme appartement, sans la moindre qualitĂ© de vie.

AprĂšs avoir visitĂ© la pharmacie, j’éprouvais des sentiments trĂšs partagĂ©s. Il est difficile de croire qu’il y a seulement quelques dĂ©cennies, des ĂȘtres humains aient pu commettre des actes aussi cruels envers d’autres. Cela m’a rappelĂ© les paroles de la Bible : il faut rester constamment vigilant. Mon cƓur Ă©tait Ă©galement rempli de gratitude, car notre gĂ©nĂ©ration vit dans une paix relative, mĂȘme si nous avons parfois tendance Ă  la considĂ©rer comme allant de soi.

Les habitants sont plutĂŽt aimables, le service est toujours excellent et il n’est pas nĂ©cessaire de laisser de pourboire. Cependant, certains employĂ©s parlent peu anglais.

Dans le prochain article, je raconterai les histoires des personnes rencontrĂ©es Ă  Cracovie. Restez Ă  l’écoute !