Après avoir lu mes articles, beaucoup d’entre vous se sont demandé pourquoi j’avais quitté Hong Kong, où j’avais vécu pendant sept ans, pour venir en France. Aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi j’ai décidé avec autant de détermination de franchir le pas.
Pourquoi j’ai quitté Hong Kong
Tout d’abord, je voulais réaliser mon rêve d’étudier à l’étranger. Depuis mon enfance, une grande partie des chansons que j’écoutais et des films que je regardais venaient d’Europe et des États-Unis, si bien que j’ai été profondément influencée par la culture occidentale. À l’université, puis lorsque je travaillais à Chengdu, j’ai toujours voulu partir à l’étranger. Mais comme mon anglais n’était pas très bon à l’époque et que mon budget était limité, j’ai choisi Hong Kong. Plus tard, une fois mon anglais amélioré et les frais nécessaires à mes études économisés, il était bien naturel que je réalise enfin ce rêve.
Ceux qui connaissent Hong Kong savent probablement ce qui s’y est passé en 2019. J’ai assisté à l’ensemble des événements et vu une ville se déchirer. À l’époque, j’avais l’impression de me tenir sur une croûte terrestre brisée, sans savoir de quel côté aller, condamnée à tomber dans les failles qui s’ouvraient sous mes pieds. Puis la pandémie est arrivée et Hong Kong est restée fermée pendant trois ans et demi. Durant tout ce temps, je ne suis jamais retournée à Chengdu voir ma famille et je n’ai pas non plus voyagé. Je suis simplement restée prisonnière de cette île isolée.
De plus, je n’ai jamais obtenu l’habilitation nécessaire pour enseigner à Hong Kong. Si je voulais travailler comme enseignante dans une école, je devais encore payer pour suivre un PGDE, le diplôme d’enseignement destiné aux titulaires d’un diplôme universitaire. Puisqu’il fallait de toute façon dépenser de l’argent, autant partir à l’étranger.
Pourquoi je suis venue en France
Comme je l’ai mentionné dans une publication précédente, mon premier choix était alors le Canada, parce qu’il était réputé facile d’y obtenir un statut de résident. Je n’ai envisagé ni le Royaume-Uni, ni les États-Unis, ni l’Australie, ni la Nouvelle-Zélande, car ces pays étaient trop chers et qu’il était difficile d’y rester.
L’établissement que j’avais choisi était un collège. Comme j’avais entendu dire qu’il était difficile d’obtenir un permis d’études lorsqu’on était plus âgé, j’ai d’abord demandé un visa touristique, car il paraît qu’en avoir un facilite ensuite l’obtention du permis d’études. Mais, contre toute attente, le Canada a rejeté ma demande, affirmant ne pas croire que je repartirais à la fin de mon séjour touristique. Lorsque j’ai reçu la lettre de refus, j’en ai même pleuré. Sous le coup de la colère, je me suis alors tournée vers des établissements européens.
À l’époque, j’ai postulé auprès de cinq établissements au total, en Irlande, en Belgique, en Autriche et en France. Finalement, seule une école d’ingénieurs privée française m’a envoyé une offre d’admission. Après l’avoir acceptée, je n’ai plus déposé d’autres candidatures. Plutôt que de dire que j’ai choisi la France, il serait donc plus juste de dire que c’est la France qui m’a choisie. J’étais très heureuse à ce moment-là. Même si cette école privée coûtait beaucoup plus cher qu’un établissement public, elle restait nettement moins chère que le Canada. Pour étudier au Canada, mon budget, frais de scolarité et coût de la vie compris, aurait été d’environ 400 000 dollars de Hong Kong. Pour Paris, je l’estimais à 200 000 dollars de Hong Kong. Finalement, mes études m’ont coûté 170 000 dollars de Hong Kong, et j’ai utilisé l’argent restant pour voyager dans onze pays européens.
Pourquoi je me suis reconvertie dans l’informatique
J’ai toujours voulu m’installer à l’étranger et travailler à distance, deux objectifs que mon métier de professeure de chinois ne me permettait pas d’atteindre. De plus, j’avais obtenu une licence en ingénierie, alors je me suis dit que je pouvais tout simplement me reconvertir dans la programmation. Même si ce secteur n’est plus aussi dynamique qu’autrefois, il reste à l’avant-garde de son époque.
Pour moi, la reconversion dans l’informatique n’était pas un rêve en soi, mais un moyen de réaliser mes rêves. Ainsi, lorsque j’ai ensuite trouvé un stage et que je suis partie au Canada, où je travaillais à distance tout en voyageant, j’ai su que j’avais réussi.
