Voici une réflexion née après un voyage.

Tout a commencé lorsque, pendant un séjour à Paphos, à Chypre, j’ai rencontré une jeune femme noire originaire du Danemark. Nous nous sommes alors installées sur des transats pour discuter tout en prenant le soleil.

Elle m’a expliqué qu’au Danemark, la peau bronzée correspond à un idéal de beauté dominant, car elle signifie que l’on a assez d’argent et de temps libre pour partir en vacances au bord de la mer. C’est pareil en France : lorsque nos collègues reviennent de vacances, elles sont très heureuses si quelqu’un leur dit qu’elles ont bronzé, et regrettent même de retrouver rapidement leur teint clair.

En dehors des bains de soleil naturels, il est possible de se rendre dans certains établissements pour s’exposer à des lampes à ultraviolets afin de bronzer artificiellement. Cette pratique existe depuis longtemps : je me souviens en avoir déjà vu dans la série Friends. Ces dernières années, certaines personnes sont allées jusqu’à choisir des injections pour obtenir un teint bronzé. Elle m’a raconté qu’un de ses amis s’était donné beaucoup de mal dans ce domaine. Il est désormais aussi bronzé qu’un Latino, tout en conservant des traits typiquement nordiques, comme des cheveux blonds et des yeux bleus. L’ensemble produit une impression assez étrange, sans compter qu’un bronzage excessif augmente le risque de cancer de la peau.

À l’inverse, pour la plupart des populations d’Asie et d’Afrique, la peau claire demeure un idéal de beauté. Dans la culture chinoise, on dit qu’« une peau blanche dissimule cent défauts », tandis que les cosmétiques coréens mettent l’accent sur l’éclaircissement de la peau. Quant aux femmes africaines, une amie française m’a expliqué que beaucoup d’entre elles utilisent des produits cosmétiques aux propriétés éclaircissantes, même lorsque ceux-ci ne peuvent pas être achetés légalement et sont nocifs pour la santé.

J’ai alors pris conscience à quel point les critères de beauté sont subjectifs : selon les cultures ou les époques, ils peuvent aboutir à des conclusions diamétralement opposées.

N’est-ce pas une chance pour nous de pouvoir découvrir de près différents critères de beauté ? Car ce n’est qu’en prenant conscience de leur diversité que l’on peut véritablement se demander : qu’est-ce que la beauté, au fond, à mes yeux ?

Si nous pouvions sortir de ces deux cadres esthétiques, sans suivre aveuglément la tendance à s’éclaircir la peau ni celle à la bronzer, et regarder plutôt notre reflet dans le miroir en nous demandant sincèrement : suis-je en bonne santé ? Est-ce que je me trouve belle ainsi ? Est-ce que je m’aime telle que je suis ?

J’espère que, dans votre cœur, la réponse à chacune de ces questions sera oui.