Avant de venir en France, j’ai passé trois jours à Tokyo et séjourné dans trois hôtels thermaux différents, ce qui m’a permis de découvrir pleinement la culture japonaise des bains. Je ne m’étais pas rendue dans un bain public depuis dix ans, mais, contre toute attente, je n’ai pas eu trop de mal à m’y habituer. En gros, il suffit de prendre son courage à deux mains et de se lancer. Tout le monde respecte tacitement la même règle et évite soigneusement de croiser le regard des autres.

Avant d’entrer dans les bains thermaux, on commence par se laver, assise à l’un des postes de douche situés à côté des bassins. Chacun met à disposition du démaquillant, du gel douche, du shampoing et de l’après-shampoing. Dans l’un des hôtels, on pouvait même choisir parmi plusieurs gammes de produits de soin. Pour prévenir la déshydratation, il y avait aussi une fontaine à eau à proximité : certaines personnes sortaient du bain pour boire un peu, puis y retournaient. En général, il y avait deux ou trois bassins différents : de grands bassins, mais aussi de petites baignoires en bois ou en pierre, contenant des eaux aux propriétés ou aux températures variées. Certains bains thermaux avaient même une télévision. Après s’être baignés un moment, les gens sortaient de l’eau et s’asseyaient pour se reposer un peu. Pendant le bain, j’ai imité les autres filles en pliant ma petite serviette avant de la poser sur ma tête : j’avais vraiment l’impression de profiter des bains dans les règles de l’art, hahaha.

Comme je suis une membre de la pègre tatouée, je dois chaque fois demander au personnel un autocollant couvrant pour dissimuler mon tatouage avant de pouvoir entrer dans les bains.

Je recommande absolument la chaîne d’hôtels thermaux Dormy Inn. En semaine, ce n’est pas cher et, après le bain, on a même droit à une petite portion de ramen et à une glace. Le matin, il y a aussi du Yakult et du café. Je sais bien que tout cela est compris dans ce que j’ai payé, mais j’ai quand même trouvé que l’hôtel avait pensé à tout, et j’étais vraiment ravie d’y séjourner !! J’ai également remarqué que la plupart des clients étaient japonais, ce qui m’a donné l’impression de vivre une expérience particulièrement authentique. Mon amie japonaise Yuki m’a aussi dit que cette chaîne d’hôtels thermaux était très connue à Tokyo et que beaucoup de gens venaient en profiter avec leur famille.

Dans les escalators du métro japonais, on voit partout de grandes affiches autocollantes rappelant aux usagers de ne pas marcher. Il y a aussi des affiches mettant en garde contre les attouchements dans les transports.

Ce que je préfère au Japon, ce n’est pas la nourriture, mais les toilettes. Parmi tous les pays que j’ai visités, ce sont sans aucun doute les toilettes japonaises qui m’ont le plus marquée. Aucun autre pays ne les égale — peut-être est-ce simplement parce que je manque de références, mais elles figurent au moins parmi les meilleures. Prenons les toilettes publiques les plus ordinaires du métro : elles sont toutes très propres, ne dégagent absolument aucune odeur, disposent de tous les équipements nécessaires et sont dotées de toilettes intelligentes. Il y a deux ou trois rouleaux de papier en réserve. Le papier n’a qu’une seule épaisseur, sans doute pour des raisons écologiques et pour qu’il se dissolve plus facilement. Plus de 80 % des cabines sont équipées d’un siège où les mères peuvent installer leur bébé. Il y a aussi un bruit artificiel d’eau qui coule, afin d’éviter que les autres entendent des sons embarrassants. (Et on peut même en régler le volume !) Tout cela permet en réalité d’entrevoir un trait caractéristique des Japonais : leur souci méticuleux du détail et leur quête constante de la perfection.

Au Japon, le personnel de service est toujours très aimable. Même lorsqu’ils ne parlent pas anglais, les employés communiquent avec vous à l’aide d’un traducteur ou par gestes. Je me souviens particulièrement de mon passage au Yodobashi Camera d’Akihabara — un immense centre commercial où l’on trouve absolument tout ce qu’on peut imaginer. Je voulais acheter des gouttes pour les yeux, mais il y en avait tellement de sortes que je ne savais pas lesquelles choisir. Après avoir écouté ma description, le pharmacien a immédiatement sorti son téléphone et m’a montré la traduction de ce qu’il disait en japonais.